Alassane Ouattara remanie son cercle rapproché pour consolider l’exécutif ivoirien.

ABIDJAN, Côte d’Ivoire — Dans une manœuvre politique subtile visant à stabiliser l’appareil d’État après le récent remaniement gouvernemental, le président Alassane Ouattara a annoncé une série de nominations stratégiques, réintégrant plusieurs poids lourds de la politique ivoirienne au cœur du palais présidentiel.

Ce mouvement, officialisé par communiqué, s’apparente à une opération de "garde rapprochée". En nommant des figures historiques telles que Jeannot Ahoussou Kouadio et Kobenan Kouassi Adjoumani aux postes de ministres d’État, conseillers spéciaux, le chef de l’État s’assure de conserver l’expérience de ses alliés les plus fidèles, alors même que ces derniers quittent les ministères de première ligne.

Une continuité déguisée en changement

Loin d'être une mise à l'écart, cette reconfiguration institutionnelle souligne la volonté du président de ne pas disperser son capital politique. Les nominations de Bouaké Fofana, Laurent Tchagba et Abdallah Albert Toikeusse Mabri comme ministres conseillers suggèrent une volonté de maintenir une expertise technique et politique au sommet de l'exécutif, créant ainsi une structure de gouvernance parallèle au cabinet ministériel classique.

« Ces choix visent à maintenir l'expertise de cadres politiques expérimentés au cœur du dispositif institutionnel », précise le communiqué officiel, faisant écho à une stratégie de performance et de cohérence administrative.

La bataille des Districts : Abidjan et Yamoussoukro

Le volet territorial de ces nominations n'est pas moins significatif. Le pivot de cette restructuration est sans doute la nomination d'Ibrahim Cissé Bacongo au poste de ministre, gouverneur du District autonome d'Abidjan. Figure influente du parti au pouvoir, M. Bacongo prend les rênes de la capitale économique, un poste clé pour la mise en œuvre des grands chantiers urbains.

À Yamoussoukro, la capitale politique, la continuité est assurée par Augustin Abdoulaye Thiam Houphouët, qui conserve son influence en tant que ministre-gouverneur.

L'analyse du pouvoir

Pour les observateurs de la vie politique ivoirienne, ce réajustement reflète une quête de stabilité institutionnelle. En renforçant les cabinets de la Présidence et de la Vice-Présidence — où Fidèle Gboroton Sarassoro et Ahoutou Emmanuel Koffi occuperont respectivement les directions de cabinet — Alassane Ouattara verrouille la coordination des politiques publiques.

Alors que la Côte d'Ivoire entre dans une phase cruciale de son agenda de développement, le message envoyé par le Palais est clair : le changement se fera sous le signe de l'expérience. En recyclant ses cadres les plus aguerris, le président réaffirme sa préférence pour une garde prétorienne capable de garantir la continuité de l'État face aux défis à venir.

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