Conakry : une trajectoire brisée par le trafic de drogue, Marcelline Lamah condamnée à quatre ans de prison
À Conakry, la justice a scellé ce mercredi 18 février 2026 le destin judiciaire de Marcelline Lamah, reconnue coupable de trafic international de stupéfiants. Jugée par le tribunal de première instance de Mafanco, elle a été condamnée à quatre ans de réclusion criminelle pour avoir tenté d’exporter 890 grammes de cocaïne vers l’étranger.
L’affaire, suivie par Guineematin.com, dépasse le simple fait judiciaire. Elle raconte surtout l’histoire d’une femme happée par les réseaux criminels, exploitant la précarité sociale, les rêves d’exil et l’espoir d’un avenir meilleur pour sa famille.
Interpellée à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré, l’accusée avait reconnu à la barre avoir transporté la drogue sous la contrainte et les instructions d’un intermédiaire. Elle a décrit un processus de dissimulation particulièrement dangereux, mettant en jeu sa propre santé, dans l’espoir de financer un projet migratoire vers l’Europe via la Tunisie.
Placée en détention depuis janvier 2025 à la maison centrale de Conakry, elle a expliqué avoir agi sans réelle conscience de l’ampleur du crime, animée par la volonté d’offrir un avenir meilleur à son enfant et à sa famille. Un récit qui a mis en lumière la mécanique bien rodée des réseaux de trafic, où les passeurs deviennent souvent des victimes collatérales d’un système organisé.
Lors de l’audience, le parquet, représenté par Ibrahima Kanfory Camara, avait requis une peine lourde de dix ans de réclusion criminelle assortie d’une amende de 500 millions de francs guinéens, soulignant la gravité du trafic international de stupéfiants. La défense, elle, avait plaidé les circonstances atténuantes, insistant sur la vulnérabilité sociale et la manipulation dont l’accusée aurait été victime.
Sous la présidence de Souleymane Traoré, la juridiction a finalement opté pour une peine de quatre ans de réclusion criminelle, tout en ordonnant la destruction du scellé contenant les 890 grammes de cocaïne saisis.
Au-delà de la condamnation, ce dossier met en lumière une réalité plus large : celle des réseaux de trafic transnationaux qui exploitent la misère, les rêves d’exil et la détresse sociale pour alimenter un commerce criminel mondialisé. Un drame humain autant qu’un fait judiciaire, qui interroge sur la prévention, la protection des personnes vulnérables et la lutte contre les filières de drogue en Afrique de l’Ouest.
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