Intégration sous-régionale : La Guinée et le Sénégal mutualisent leurs efforts à Koundara via le programme RéZo
Faire des espaces frontaliers des pôles de stabilité et de prospérité partagée : telle est l'ambition réaffirmée par les autorités de Conakry et de Dakar. Réunis à Koundara en ce début du mois de mai, responsables administratifs et acteurs du développement ont procédé à la mise en place du Comité interrégional de pilotage (CIP) et de la Commission technique mixte (CTM).
Ces nouvelles instances sont les chevilles ouvrières du programme « Renforcement de la Résilience dans les Zones frontalières (RéZo) ». Mise en œuvre par la GIZ, cette initiative bénéficie du cofinancement de l'Union européenne et de l'Allemagne (BMZ), précise la dépêche de Guineematin.
Une volonté politique au service des communautés locales
Cité par nos confrères, le Colonel Charles Kolipé Lamah, Préfet de Koundara, considère la création de ces organes comme une étape cruciale pour garantir une meilleure synergie d'action. Il a rappelé que cette dynamique s'inscrit dans la vision d'intégration sous-régionale portée par le gouvernement guinéen.
« Nos populations partagent les mêmes réalités, les mêmes aspirations et font face aux mêmes défis. La coopération transfrontalière apparaît aujourd’hui comme un instrument indispensable pour promouvoir la sécurité, faciliter les échanges commerciaux et améliorer les conditions de vie », a souligné l'autorité préfectorale.
RéZo : des réponses concrètes étalées jusqu'en 2028
Les zones périphériques souffrent historiquement d'un déficit d'investissements. C'est ce paradigme que le programme RéZo (déployé de janvier 2025 à décembre 2028) entend inverser. Lucile Ifono, Cheffe de Composante Pays pour le programme en Guinée, dont les propos ont été recueillis sur place par l'envoyé spécial, indique que l'accent sera mis sur des solutions sur-mesure.
« Nous allons travailler au maximum avec tous les services étatiques [...] pour développer des réponses adaptées, notamment pour les jeunes et les femmes, en matière de formation professionnelle qualifiante, d’accès à l’emploi et d’appui aux PME », a-t-elle détaillé.
L'experte a également insisté sur la valorisation du potentiel agricole local. Dans ce cadre, les Groupements Locaux de Coopération Transfrontalière (GLCT) serviront de leviers pour élaborer des plans de développement intégrés.
Vers une mutualisation des infrastructures socio-économiques
Du côté sénégalais, cette rencontre vient matérialiser l'accord-cadre de coopération signé entre les deux États le 29 mai 2025 à Conakry. Amadou Sy, Directeur administratif de la Commission Nationale de Gestion des Frontières (CNGF) du Sénégal, a mis en lumière la forte homogénéité de l'espace Koundara–Salémata–Vélingara.
Face à la vulnérabilité de ces zones et aux ressources limitées des États, la stratégie commune repose désormais sur la mutualisation des acquis :
« Si Salémata dispose d’un hôpital de niveau 1, il faudra que cet hôpital soit ouvert aux populations de Koundara et Youkounkoun. Inversement, s’il y a un lycée ou une université à Koundara, les jeunes Sénégalais de Vélingara pourront venir y poursuivre leurs études », a illustré Amadou Sy.
L'objectif final de cette dynamique est de gommer les lignes de démarcation administratives au profit d'un développement local concret, dont le seul gagnant reste la population frontalière.
Source originelle : Reportage de l'envoyé spécial de Guineematin.com
Traitement : La Rédaction | GuineeTimes.info
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